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Zoé Blumenfeld-Chiodo

Pourquoi avoir choisi l'anthropologie ?

J’ai d’abord fait des études en histoire de l’art à l’école du Louvre, et une fois armée de cette formation je me suis intéressée aux contextes sociaux dans lesquels les œuvres sont produites. C’est cette attention portée non seulement aux œuvres dans une perspective historique mais également à leurs artisans dans une perspective ethnographique qui m’a amené à choisir l’anthropologie pour ensuite exercer dans un musée ethnologique et participer à la recontextualisation des œuvres dans ce cadre-ci.

Quel a été votre parcours après l’obtention du master ?

Pendant mon master, j’ai travaillé à la Société des amis du Musée national des Arts et Traditions populaires. Je n’ai pas passé les concours de la fonction publique tout de suite, mais j’ai d’abord travaillé dans l’édition multimédia et dans la presse culturelle.

Après cette période de 3-4 ans j’ai décidé de passer les concours de la fonction publique d’abord comme assistante puis attachée de conservation du patrimoine. J’ai ensuite gravi peu à peu les échelons jusqu’à être aujourd’hui conservatrice du patrimoine et directrice de la valorisation du patrimoine de la ville de Dijon.

Pouvez-vous nous décrire votre occupation actuelle ?

Je suis directrice de la valorisation du patrimoine pour la ville de Dijon. Concrètement, cela veut dire que je dirige une équipe d’une dizaine de personnes qui valorisent les patrimoines dijonnais auprès des publics, habitants de la ville et touristes. Cela concerne trois champs: l’histoire et le patrimoine de la ville qui est labellisée Ville d’art et d’histoire, le Repas gastronomique des Français en tant que patrimoine culturel immatériel de l’humanité et les Climats du vignoble de Bourgogne en tant que Patrimoine mondial inscrit par l’Unesco. Pour ce faire, nous mettons en place des expositions, des publications, des outils d’interprétation, une programmation culturelle et événementielle, des actions pédagogiques.

Est-ce que vos y utilisez ce que vous avez appris à Nanterre ?

Oui, comme je l’ai expliqué dans ma réponse précédente, ce sont sous ces trois aspects, comme facteur de compréhension plus claire des objets patrimoniaux, comme apport dans mon travail de médiation auprès du public, et comme méthode pour analyser les dynamiques de relations sociales, que je mobilise les acquis de ma formation en anthropologie.

Que vous a apporté votre formation en anthropologie à Nanterre ?

La formation d’anthropologie à Nanterre m’a d’abord apporté la volonté et les outils pour appliquer une grille de lecture sociale à des objets patrimoniaux, ce qui a enrichi mon approche d’historienne de l’art concernant ces objets mais m’a également aidé à clarifier ce qui me passionnait. Dans mon travail actuel, la perspective anthropologique me permet de mieux valoriser auprès du public le contexte de création des œuvres et des objets patrimoniaux. Il peut s’agir de mettre en évidence les savoir-faire mobilisés dans la fabrication ou la restauration d’une œuvre, les usages fonctionnels ou symboliques d’un objet, de récits de vie ou de collecte de mémoire liés à un bâtiment ou un site. Enfin, l'anthropologie m’apporte un recul indéniable quant à l’analyse des relations sociales, pour comprendre ce qui se joue dans la société et la vie professionnelle.

Un souvenir, une anecdote à partager sur votre formation à Nanterre ?

Pas vraiment en ce qui concerne la vie sur le campus. Je travaillais à côté du Master donc j’étais assez détachée de la vie étudiante, de plus j’étais dans une perspective de fin d’études après ma formation à l’école du Louvre. La majorité de mes anecdotes concernent plutôt le travail de terrain pour mon mémoire. J’ai également de très bons souvenirs des enseignements reçus durant ma formation en anthropologie.

Un conseil à donner aux étudiants d’aujourd’hui ?

Mon meilleur conseil serait vraiment de faire ce qu’on aime avec passion et sérieux. Bien que les débouchés ne soient pas facilement accessibles, il faut s’investir réellement dans son travail afin de se faire une place.