Sarah Thuiliere Amata
Venant d’une formation en philosophie, ce que je trouvais intéressant et qui m’a attiré avec l’anthropologie c’est l’opportunité de faire un terrain, de ne plus être uniquement dans une recherche théorique mais d’être confrontée à la réalité des recherches de terrain.
Après l’obtention du master, je me suis lancée dans une préparation à l’agrégation de philosophie, puis je me suis rendu compte que revenir à la théorie pure n’était pas un choix qui me convenait. C’est justement cette combinaison entre la pratique de terrain et la recherche théorique qui me correspondait plus. C’est pourquoi j’ai candidaté pour un poste de chargée de mission en addictologie et maternité au sein de l’AP-HP -domaine qui correspondait à mes recherches de terrain de master- et depuis je travaille à l’hôpital et maintenant également dans une association qui fédère les équipes de liaison et de soin en addictologie d’Ile de France.
Je suis chargée de mission en addictologie et maternité à l’hôpital Antoine Béclère (AP-HP) et assistante cheffe de projet au sein de l’association APTITUD (qui fédère les équipes de liaison et de soin en addictologie d’Ile de France).
Bien sûr, je visualise mon métier d’une façon qui se rapproche beaucoup des recherches en anthropologie (en tout cas de l’idée que je me suis faite de ces recherches et de la manière dont j’ai travaillé en master). En tant que chargée de mission on vous demande de mener à bien un projet. Donc on part d’une idée et on essaie de la rendre concrète, en passant par tout un tas de problématiques, d’organisation, de rédactions, de recherches et d’interactions avec différents acteurs du domaine dans lequel vous travaillez… et il me semble que c’est pertinemment ce qu’on apprend en master d’anthropologie.
Je me répète un peu mais j’insiste là-dessus car c’est un aspect de la formation en anthropologie qui m’a été précieux : le terrain. L’anthropologie m’a permis de sortir de ma zone de confort : des recherches bibliographiques, la tête dans les bouquins et l’apprentissage et la réflexion qui ne se confrontent pas directement à la réalité, au concret (et ce n’est pas une critique de la philosophie, ce sont simplement deux approches et disciplines différentes). Donc l’anthropologie m’a permis de me confronter à la difficulté mais aussi à la beauté des recherches de terrain : les rencontres, les changements de plan (parce qu’évidemment quand vous partez sur le terrain avec une idée bien précise vous pouvez être assurée qu’elle ne sera pas immuable), parfois la difficulté d’interaction, l’adaptation, … et tant d’autres choses.
J’ai de très bons souvenirs du stage que nous avons fait avec Madame Milliot dans les jardins partagés de la Goutte d’Or. Non seulement parce que c’étaient des moments où nous avons mêlé l’intéressant et l’agréable mais aussi parce que c’est pendant ce stage que j’ai pu trouver mon terrain de recherche. Je savais que je voulais travailler sur le soin en addictologie mais je n’avais pas de terrain précis, et lors de ce stage j’ai fait la rencontre inopinée de Philippe, qui par la suite m’a présenté la personne qui a été centrale dans mes recherches.
Peut-être vous dire que la recherche c’est super mais que ce n’est pas l’unique porte que vous pouvez franchir une fois votre diplôme d’anthropologie en poche. Ne doutez pas de votre légitimité. Postulez dans des domaines qui vous intéressent et vous passionnent. Vous avez acquis énormément de compétences lors de vos études et ce sont des compétences transférables à un grand nombre de métiers.