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Nicolas Joray

Pourquoi avoir choisi l'anthropologie ?

C’est la géographie humaine qui m’a donné envie d’étudier l’anthropologie. J’avais le sentiment que cette science sociale permettait de comprendre vraiment les humains tout en prenant de la hauteur par rapport aux discours généraux sur la société. Mes premiers cours d’anthropologie m’ont notamment sensibilisé au caractère fluide des nombreuses identités sociales (genre, classe sociale, origine socio-culturelle, âge, etc.). J’ai eu l’impression que cela changeait mon regard sur le monde.

Quel a été votre parcours après l’obtention du master ?

En parallèle de ma formation universitaire, j’ai suivi une formation continue d’animation et de médiation théâtrale. Il était question notamment de démocratisation / démocratie culturelle, d’autonomie des publics. Puis j’ai complété ce cursus par une formation à l’enseignement durant laquelle j’ai découvert les pédagogies coopératives (comme la pédagogie Freinet). Ces formations m’ont transmis certaines valeurs et certaines postures que je mobilise dans mon travail d’enseignement et de médiation. 

Pouvez-vous nous décrire votre occupation actuelle ?

J’enseigne le théâtre dans des établissements scolaires à des jeunes entre 6 et 19 ans. Je travaille également en tant que médiateur et animateur culturel pour une association, la Marmite, qui organise des sorties culturelles pour différents publics qui sont éloignés, d’une manière ou d’une autre, de la culture. Cette année par exemple, nous organisons des rencontres autour du thème de l’émancipation féminine. 

Est-ce que vos y utilisez ce que vous avez appris à Nanterre ?

L’écoute et l’empathie, au cœur de la démarche ethnographique, me permettent de comprendre les personnes avec lesquelles je travaille. Pour amener les publics aux œuvres, je dois trouver des accroches adaptées – une musique, une réplique – pour que le travail se déroule en douceur. 

Que vous a apporté votre formation en anthropologie à Nanterre ?

Ma formation en anthropologie me permet de comprendre des comportements individuels non pas de manière psychologique mais structurelle. Lorsqu’on fréquente des lieux culturels, on fait l’apprentissage de certaines normes de conduite implicites (ne pas manger du pop corn au théâtre par exemple). Si certaines personnes ne maîtrisent pas ces normes, elles peuvent être regardées avec condescendance. Mais lorsqu’on a fait de l’anthropologie, on peut réagir de manière bien différente.

Un souvenir, une anecdote à partager sur votre formation à Nanterre ?

J’avoue que l’ombre de Mai 68 m’attirait dans cette institution. Par chance, j’ai eu l’occasion de mener un travail de séminaire à partir d’un journal intime écrite par une étudiante et datant de cette période. Le document évoquait à la fois sa relation amoureuse, son envie d’étudier Marx, ses vacances ou des assemblées politiques étudiantes. C’était touchant !

Un conseil à donner aux étudiants d’aujourd’hui ?

J’ai toujours beaucoup hésité entre des études théâtrales et les sciences sociales, le travail social, pédagogique. Au final, mon activité professionnelle se situe pile entre ces domaines. Mon conseil est peut-être de prendre soin des hésitations. Elles peuvent mener quelque part.