Skip to main content

Audrey Dessertine

Pourquoi avoir choisi l'anthropologie ?

C’est grâce à mon professeur de philosophie en terminale que j’ai découvert l’anthropologie. Cette manière de penser le monde m’a tout de suite intéressée. J’aimais également beaucoup l’histoire et c’est en cherchant une université pour mes futures études que j’ai découvert qu’on pouvait faire histoire et anthropologie à Nanterre dès la première année ! J’étais également passionnée de danse et assez rapidement j’ai souhaité en faire mon sujet d’étude. 

Quel a été votre parcours après l’obtention du master ?

Je me suis inscrite plusieurs années en doctorat, tout en travaillant dans l’animation (service enfance et jeunesse de la ville d’Aubervilliers). J’ai abandonné l’idée de réaliser une thèse sans financement après 3 ans. C’est également à cette période que j’ai découvert l’association EthnoArt, dont le siège social était à Aubervilliers (ville dans laquelle j’habitais également). J’ai par ailleurs commencé à animer quelques sessions de formation à destination des professionnel.le.s du social autour des questions interculturelles, grâce à des amis formateurs sociologues. Auprès de l’association EthnoArt, c’est avec des collégien.ne.s que j’ai, dans un premier temps, parlé d’anthropologie. Aujourd’hui je suis salariée de l’association et celle-ci s’est diversifiée : son objet est de diffuser les méthodes et savoir de l’anthropologie en dehors du monde de la recherche pour tout le monde (enfants, adolescent.e.s, adultes).

Pouvez-vous nous décrire votre occupation actuelle ?

Je suis à la fois directrice de l’association Ethno-Art et aussi formatrice, médiatrice scientifique. L’objet que nous portons au sein de l’association est d’initier nos contemporains de 4 à 99 ans aux modes de réflexion des sciences sociales et plus particulièrement de l’anthropologie. Comprendre les logiques d’actions de ses concitoyens, pour ne pas émettre des jugements de valeur stigmatisants, comprendre d’où chacun-e parle permet de favoriser le dialogue et le débat. L’équipe s’appuie sur le décentrement (sortir du point de vue de son propre groupe socioculturel) comme objectivation, le croisement des points de vue et des logiques d’actions comme mode de compréhension d’un fait social, la construction d’une analyse scientifique et l’exposition des résultats devant les pairs par les apprentis ethnologues comme appréhension du débat intellectuel.

Est-ce que vos y utilisez ce que vous avez appris à Nanterre ?

Dans mon métier actuel, j’utilise quotidiennement ces apports : dans la préparation des contenus des ateliers et formations que j’anime, dans les outils transmis aux participant.e.s, dans la manière de questionner autrement -par le détour- les sujets dits socialement vifs avec les publics que je rencontre. 

Que vous a apporté votre formation en anthropologie à Nanterre ?

Un regard curieux et interrogatif sur le monde et ses transformations

Des outils et des méthodes 

Des savoirs

Une posture face à l’altérité 

Un souvenir, une anecdote à partager sur votre formation à Nanterre ?

Je me souviens d’être tout à fait impressionnée et fascinée par la diversité des sujets et des terrains portés par les enseignant.e.s et les étudiant.e.s découverts au fil des rencontres et des années. 

Un conseil à donner aux étudiants d’aujourd’hui ?

Ce n’est pas toujours facile de relier toutes nos expériences, pourtant tout est à valoriser. Par exemple, avoir été animatrice pour des enfants et des adolescent.e.s m’a beaucoup aidé dans le fait de me trouver face à des groupes en tant que médiatrice scientifique ! 

Enfin, petit message plus politique aux nouvelles générations d’anthropologues, diffuser l’anthropologie me semble essentiel aujourd’hui notamment pour : bousculer les évidences (c’est naturel / c’est normal), faire émerger les présupposés les stéréotypes et préjugés, mettre en lumière ses représentations et ses appartenances en se confrontant aux autres et mieux se connaitre par la comparaison des modes de vie et des points de vue ; prendre en compte les individus dans leurs multiples appartenances et lutter contre les assignations identitaires, expérimenter le décentrement et la comparaison pour mettre en lumière ce qui nous relie plutôt que ce qui nous distingue.