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- L'anthropologie à Nanterre
- L’ethnomusicologie, l’anthropologie de la danse et l’anthropologie du sonore
L’ethnomusicologie, l’anthropologie de la danse et l’anthropologie du sonore
L’ethnomusicologie, l’anthropologie de la danse et l’anthropologie du sonore à Nanterre

Une représentation de gamelan et danse de Java au théâtre Koltès, Université Paris Nanterre. Crédit : Pantcha Indra
Qu’est-ce que l’ethnomusicologie ?
L’ethnomusicologie n’est pas vraiment l’étude des « musiques traditionnelles », des « musiques du monde » ou des « musiques ethniques » ; d’abord parce que peu de musiques ne se rapportent à aucune tradition, ensuite parce que nous ne sommes pas exclus du reste du monde, et enfin parce que la question de l’ethnicité ne saurait concerner que « les autres ». On peut aborder l’ethnomusicologie, qu’on appelle aussi anthropologie de la musique, de deux points de vue complémentaires :
Elle est un moyen de comprendre les sociétés d’après leur pratiques et leur conception de la musique, en tant qu’elle s’interroge sur les rapports entre musique et société.
Elle permet de s’interroger sur ce qu’est la musique en tant que phénomène universel en comparant les différentes cultures du monde, y compris la nôtre.
Née de la rencontre et du dialogue entre anthropologie et musicologie, l’ethnomusicologie propose un ensemble de méthodes permettant d’étudier et de comparer les pratiques musicales. Ces méthodes comprennent l’observation ethnographique au long cours, la pratique et l’analyse musicales menées par des questions anthropologiques : organisation sociale, religion et rituel, émotions, mémoire, globalisation et circulations, langage et vocalité, genre, politique, identité, etc. L’ethnomusicologie se définit donc par son approche spécifique des phénomènes musicaux. La formation en ethnomusicologie à Nanterre met ainsi l’accent tout à la fois sur le contenu théorique et sur les outils méthodologiques (pratique du terrain ethnographique, analyse musicale) et techniques (initiation aux outils audiovisuels et réalisation multimedia). Les approches appliquées (comme la recherche collaborative) sont également enseignées. Les étudiants ont également l’opportunité d’apprendre le jeu du gamelan, instrument collectif indonésien.
L’anthropologie de la danse
L’anthropologie de la danse partage de nombreux points communs avec l’ethnomusicologie, avec comme premier objet d’étude le corps humain et l’usage spécifique de mouvements et de gestes, codifiés pour devenir de la « danse ». Malgré la centralité du corps dans l’expression des émotions et la fabrique des relations sociales, peu de formations en anthropologie proposent l’étude approfondie des performances corporelles et du geste dansé. Ici, l’anthropologie du corps et de la danse, l’analyse du mouvement et les performance studies sont pensées en corrélation avec les théories et méthodes développées en anthropologie et ethnomusicologie. L’inclusion de la danse, et plus largement du corps en mouvement, dans l’étude des performances et pratiques culturelles et rituelles, permet ainsi aux étudiants de reconnecter des champs de recherches qui ont été trop longtemps séparés. Par ailleurs, l’exploration des relations entre musique et danse, sons et mouvements, autre aspect minoré, est également mise en valeur au sein de la formation proposée à Nanterre, au travers d’enseignements spécialisés et d’ateliers pratiques.
L’anthropologie du sonore
L’anthropologie du sonore entretient des liens étroits avec l’ethnomusicologie en ce qu’elle interroge les limites de la musique, des sons, et du bruit selon les cultures. Ce champ d’étude s’intéresse ainsi aux productions sonores humaines et non-humaines et à leurs perceptions, aux environnements sonores, milieux sonores, ou paysages sonores (soundscapes) tout en questionnant le rapport entre l’humain et son environnement. Par une approche sensible et multisensorielle, il cherche à relativiser voire à déplacer notre point de vue sur le monde, largement dominé par la vision. Il dialogue avec d’autres disciplines comme l’acoustique, l’acoustémologie, les sound studies, la phénoménologie, l’urbanisme ou l’architecture. Il passe par l’observation ethnographique au long cours, l’analyse des sons, des comportements et des discours, mais aussi par des méthodes plus expérimentales comme les sound walks qui impliquent la prise de son et peuvent induire des créations sonores.
A l’université Paris Nanterre, l’étude de l’ethnomusicologie, de l’anthropologie de la danse et de l’anthropologie du sonore est adossée au Centre de Recherche en Ethnomusicologie (CREM) du laboratoire LESC (CNRS/Université Paris Nanterre), dont les enseignants sont membres.
Trois formations sont proposées :
La licence SHAE, avec un itinéraire dédié « Anthropologie, Musique, Danse, Son » (MADS) en L3
La licence « Pratique musicale et ethnomusicologie », en partenariat avec le conservatoire de Rueil-Malmaison
Le parcours « Anthropologie, Musique, Danse, Son » (MADS) du Master d’anthropologie
A l’issue du master, les étudiants poursuivant en doctorat sont accueillis au CREM. L’ethnomusicologie et l’anthropologie de la danse trouvent également de nombreuses applications et débouchés en dehors de la recherche et du monde académique, que ce soit dans la production, la programmation et la médiation culturelle, dans la pédagogie musicale, la muséographie, ou les archives musicales et sonores.
Le webdcoumentaire INOUI :
Une réalisation des enseignants et étudiants
dans le cadre du master MADS (anciennement EMAD) :